PHILOSOPHIE / HUMOUR ET PHILOSOPHIE par Serge CARFANTAN

A. JODOROWSKY nous a donné des idées. Nous nous inspirons du projet de la Sagesse des blagues (éditions Vivez soleil) et La sagesse des contes (éditions Vivez soleil). L’exercice consiste ici à prendre une blague parfois anodine, pour en faire une analyse philosophique. Nous ne prétendons pas toujours y trouver une leçon de sagesse, mais seulement d’y rechercher un peu de connaissance. C’est un jeu d’interprétation.

SUR LA CONTINGENCE DES FUTURS

« Une voyante se présente en colère à un commissariat et dit : « Je viens porter plainte, je vais être cambriolée demain matin » »

Cette blague soulève un problème de logique sur ce que l’on appelle la contingence des futurs. Si en effet demain, je vais être cambriolé, alors autant prendre mes dispositions tout de suite pour l’éviter en mettant un gardien dès ce soir. Mais à ce moment là je ne serais pas cambriolé, et les futurs sont contingents. Le temps est alors une libre improvisation qui est par nature imprévisible. Si par contre les futurs sont nécessaires, quoi que je fasse, demain je serais cambriolé, mais cela paraît absurde car le seul fait de le savoir me permet de l’éviter. Dans cette seconde conception, le temps est strictement déterminé. Comment peut on alors justifier la voyance ? Elle est comme à cheval entre deux conceptions contradictoires du temps. Elle suppose que d’un côté le futur est déjà déterminé, mais de l’autre, elle prétend aussi pouvoir le connaître. La seule solution pour se tirer de ce problème consiste à dire qu’il y a comme des lignes du futur tracées sur lesquelles nous pouvons nous engager, mais en fait, il y en a toujours plusieurs qui s’ouvrent devant nous à chaque instant. Ainsi la voyance aurait un sens si elle permettait de suivre une ligne du futur, mais elle ne pourrait pas prétendre à l’exactitude, car rien ne dit qu’effectivement nous prendrons cette ligne et pas une autre.

SUR LA PAROLE ET L’ART DE PARLER

« Un jour, quelqu’un vint voir SOCRATE et dit :

« – Écoute, SOCRATE, il faut que je te raconte comment ton ami s’est conduit.

– Arrête ! interrompit l’homme sage. As-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ?- Trois tamis, dit l’autre, rempli d’étonnement ?

– Oui, mon bon ami : trois tamis ! Examinons si ce que tu as à me dire peut passer par les trois tamis : le premier est celui de la vérité. As-tu contrôlé si tout ce que tu veux me dire est VRAI ?

– Non, je l’ai entendu raconter et…- Bien, bien. Mais assurément, tu l’as fait passer à travers le deuxième tamis. C’est celui de la bonté. Est-ce que ce que tu veux me raconter, si ce n’est pas tout à fait vrai, est au moins quelques chose de BON ?- Hésitant, l’autre répondit : non, ce n’est pas quelque chose de bon, au contraire…

– Hum ! dit le Sage, essayons de nous servir du troisième tamis et voyons s’il est utile de me raconter ce que tu as envie de me dire…

– Utile ? Pas précisément.- Eh bien ! dit SOCRATE, en souriant, si ce que tu as à me dire, n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l’oublier ! »« .

C’est un texte qui se passerait de tout commentaire, tant il est clair qu’à l’opposé de ce qui est dit ici nous passons beaucoup de temps à parler pour ne rien dire ! Si ce n’était que cela, nous parlons sans prendre garde de la puissance que recèle la parole. Parler n’est jamais gratuit. Pas plus que penser. L’art de parler, c’est aussi l’art de parler à propos, l’art de donner dans la parole, d’éclairer. Savoir tenir sa langue, c’est donner au silence qui est entre les mots tout son poids, c’est rendre à la parole la dignité qui la rend capable de porter le vérité, d’éveiller, de toucher. Sans la vérité que vaut la Parole ? Sans l’intention d’apporter, de donner, que vaut la Parole ? Que vaut la parole, si elle sert à colporter des insanités stupides ?

Le dernier conseil donné dans le texte a aussi son importance. A quoi bon s’encombrer l’esprit de ce qui n’est ni utile, ni bon, ni vrai ?

Le seul point que nous pourrions porter contre ce texte serait peut-être de dire et le beau ? Le beau après tout n’a pas besoin d’être utile, ni bon, ni vrai. N’y a t-il pas des parole qui ont leur place dans le discours, tout simplement parce qu’elles sont belles ?

LE NATUREL ET LE SURNATUREL

« Moïse, Jésus et un petit vieux barbu jouent au golf. Moïse prend son club et d’un swing élégant envoie sa balle. Elle monte en l’air d’un superbe mouvement parabolique et tombe directement… dans le lac ! Moïse ne se perturbe pas, lève son club et à ce moment les eaux s’ouvrent, lui laissant le passage pour faire un nouveau coup. C’est maintenant au tour de Jésus. Il prend son club et, également d’une parabole parfaite, (rappelez-vous : la parabole c’est sa spécialité !), il envoie la balle dans… le lac, où elle tombe sur une feuille de nénuphar. Sans s’énerver, Jésus se met à marcher sur l’eau jusqu’à la balle, et donne le coup suivant. Le petit vieux prend son club et, d’un geste affreux de qui n’a jamais joué au golf de sa vie, envoie sa balle sur un arbre. La balle rebondit sur un camion puis à nouveau sur un arbre. De là, elle tombe sur le toit d’une maison, roule dans la gouttière, descend le tuyau, tombe dans l’égout d’où elle se trouve lancée dans un canal qui l’envoie… dans le lac mentionné ci-dessus. Mais, en arrivant dans le lac, elle rebondit sur une pierre et tombe finalement sur la berge où elle s’arrête. Un gros crapaud qui se trouve juste à côté l’avale. Et soudain, dans le ciel, un épervier fond sur le crapaud et l’attrape ainsi bien sûr que la balle. Il vole au-dessus du terrain de golf, et le crapaud, pris de vertige, finit par vomir la balle… juste dans le trou ! Moïse se tourne alors vers Jésus et lui dit :

– « Tu sais, j’ai horreur de jouer avec ton père ! »« .

Au moins, c’est une blague qui fait rire sans sous-entendu trop lourds. Il y a un sens. Nous remarquons que Moïse et Jésus pour parvenir à placer leur balle doivent faire un miracle : ouvrir les eaux (cf. La mer rouge dans l’Ancien Testament pour ceux qui ne sont pas au courant), marcher sur l’eau (dans le Nouveau Testament).L’un et l’autre font donc appel au surnaturel pour réaliser un possible, placer la balle de golf. Le plus rigolo, c’est que Dieu (le petit vieux qui fait n’importe comment), lui balance la balle tout bêtement, mais, par une série de coïncidences, elle lui obéit et va là où elle doit aller, ceci naturellement. Le moins surnaturel, c’est Dieu ! Cela peut nous faire un peu réfléchir. Nous avons besoin du surnaturel pour croire (allez ! faites nous un miracle et on aura la foi !) et nous ne voyons pas l’extraordinaire déploiement naturel de la Vie. La Nature se déploie, évolue, naturellement dans une perpétuelle manifestation, parce que tout cela est naturel, nous n’y faisons pas attention. D’une certaine manière dans la Durée des possibilités continuellement viennent au jour par le pouvoir créateur de la Nature. D’une certaine manière, le miracle de la Vie est permanent. Simple. Naturel. La coïncidence des évènements qui font la Vie est tout de même assez bien organisée non ? Ce Dieu là est assez sympathique. Il est aussi simple que la Nature il ne fait pas de mystère. Son geste trace une coïncidence qui s’organise de manière cohérente. Il maintient l’unité dans la diversité.

Où se trouve l’esprit le plus religieux ? Chez celui qui se fie au surnaturel, à une mystère de l’au-delà, où bien chez celui qui discerne dans l’ici-bas, dans la nature, la présence d’une intelligence créatrice, chez celui qui peut s’émerveiller justement de ce qui n’est que naturel ?

HUMOUR ET PARADOXES :

OU COMMENT CASSER LA LOGIQUE DU MENTAL

Le mental fonctionne dans la dualité, il aime les distinction nettes, bien tranchées, noir / blanc, bien / mal, gauche / droite, vrai / faux etc. Mais la réalité connaît elle ces coupures tranchées ? Nous pensons disposer de la cohérence du monde en nous représentant logiquement le réel. N’y a-t-il pas pourtant parfois contradiction au sein de notre langage qui entend être pourtant cohérent ? Il est remarquable qu’il suffit de changer un seul mot dans une phrase pour passer du sens, à de l’absurde.

« L’enfant a renversé le vase sur la table » est un énoncé doué de sens.

« Le vase a renversé l’enfant sur la table » est un énoncé absurde.

Un paradoxe est un défi pour l’esprit logique. Il donne une proposition doué de sens, une opinion (doxa), qui est ensuite confronté à ce qui la prolonge au-delà (para), et c’est là qu’aussitôt elle est détruite dans ses conséquences, laissant l’esprit devant une énigme à résoudre. Le paradoxe permet de retourner la dualité contre elle-même pour permettre une saisie intuitive du Réel qui est unité hautement paradoxale. Le paradoxe pour pousser la logique duelle dans ses retranchements et mène l’intellect raisonneur au seuil de l’absurde. Tout ne répond pas à la logique duelle et pourtant, ce qui ne satisfait pas la logique duelle peut-être.

La liste ci-dessous présente une série de propositions anti-mental de ce type. Pour mémoire, rappelons que cette approche se rencontre dans le Zen sous une forme qui est le koan, le but étant de suspendre le mental discursif afin que jaillisse l’intuition.

L’humour ici est proche voisin de la logique, il nous montre à quel point même le langage le plus simple enveloppe une représentation logique duelle du monde. C’est justement parce qu’il n’y parvient jamais entièrement qu’il est possible de retourner cette logique contre elle-même.

1. « Pourquoi « séparé » s’écrit-il tout ensemble alors que « tout ensemble » s’écrit séparé ?« .

2. « Pourquoi « Abréviation  » est-il un mot si long ?« .

3. « Pourquoi les Kamikazes portaient-ils un casque ?« .

4. « D’où vient l’idée de stériliser l’aiguille qui va servir a une injection fatale d’un condamné a mort ?« .

5. « En cas de guerre nucléaire… L’électromagnétisme produit par les bombes thermonucléaires pourrait-il endommager mes cassettes vidéo ?« .

6. « Quel est le synonyme de synonyme ?« .

7. « Si rien ne se colle au Téflon, comment l’a-t-on collé à la poêle ?« .

8. « Pourquoi les établissements ouverts 24 heures sur 24 ont-ils des serrures ?« .

9. « Si un mot est mal écrit dans le dictionnaire, comment peut-on faire pour le savoir ?« .

10. « Adam avait-il un nombril ?« .

11. « Si Superman est tellement malin, pourquoi est-ce qu’il met son slip par-dessus son pantalon?« .

12. « Qu’arrive-t-il à ton poing quand tu ouvres ta main ?« .

13. « On dit que seulement dix personnes au monde comprenaient Einstein. Personne ne me comprend. Suis-je un génie ?« .

14. « Si un chat retombe toujours sur ses pattes, et une tartine beurrée retombe toujours du coté du beurre, que se passe-t-il quand on attache une tartine beurrée sur les pattes d’un chat et qu’on les jette par la fenêtre ?« .

15. « Sur une navette spatiale qui voyage a la vitesse de la lumière, est-ce que les phares fonctionnent ?« .

16. « Quand on trouve pas de point commun, n’est ce pas ça le point commun ?« .

LE CONSOMMATEUR EST-IL UN IMBÉCILE ?

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais quand on regarde les notices des appareils ménagers, des objets techniques et des gadgets postmodernes, on tombe souvent sur des perles. Du genre :

(Sur un sèche-cheveux de marque ) « Ne pas utilisez pendant que vous dormez« . (C’est vrai que c’est sûrement le meilleur moment).

(Sur un pudding à la pâte à pain) « Ce produit sera chaud une fois réchauffé » (Vous en être bien sûr ?).

(Sur des guirlandes de Noël électriques) « Pour extérieur ou intérieur seulement » (Cela veut dire quoi ? Il ne faut pas s’en servir dans l’espace ? Sous terre ?).

(Sur une brosse à dents donnée par un dentiste) « Utiliser le côté avec les poils« . (Merci du conseil, on y pensera).

(Sur un flacon de somnifère) « Mise en garde : peut causer de la somnolence« . (Non, c’est vrai ?).

Il y a un point commun entre tous ces dérapages : prendre le consommateur pour un imbécile, un crétin, un abruti ou un demeuré. Cela n’a l’air de rien, mais en réalité, ce n’est pas du tout anodin, cela traduit l’esprit même dans lequel est pensé le concept de consommateur. Si vous n’avez pas bien compris pourquoi, prenez une heure et lisez BEIGBEDDER, 99 F. Il est dans la nature même de la publicité de s’adresser au « consommateur », à un individu plutôt « moyen », très « moyen » et de lui parler gentiment de sorte qu’il reste bien dans sa moyenne, tout en restant capable de capter juste ce qui est nécessaire pour qu’il achète ce qu’on a à lui vendre. Pour cela, il ne faut pas qu’il réfléchisse trop, juste qu’il s’amuse et qu’il réplique le stimulus réponse, une fois qu’il a bien gobé le stimulus premier. C’est tout. Le conditionnement publicitaire est fait pour s’adresser au degré minimal de l’intelligence, le degré proche de l’automatisme. Il suffit de laisser entendre implicitement dans quelques clin d’œil qu’il y a connivence là-dedans (on est bien tous pareil, on aime bien les frites, le camembert coulant, le look d’enfer, gigoter au son d’une musique rigolote, pouffer devant des situations bien stupides). Peut-il vraiment y avoir un « consommateur intelligent » ? Si vous êtes intelligent, vous cessez définitivement de vous identifiez à la figure d’un « consommateur ». Mais à partir du moment où je n’ai pas d’autre identité que celle de « consommateur », à partir du moment où je n’ai pas conscience de ce que je suis, de ce qu’est ma vie, où je n’ai pas la moindre étincelle de lucidité, où est-ce que cette identité de « consommateur » me mène ? Je vous laisse tirer la conclusion logique (qui n’est pas très drôle).

Du coup, en suivant ce fil conducteur, il est intéressant d’observer effectivement de près le niveau mental des publicité, et surtout des publicités à la télévision. Cela donne une vision assez cohérente. De quoi réfléchir sur l’illusion.

SUR L’ABSENCE DE LIEN LOGIQUE

« Sam est dans son jardin. A côté de son carré de salade, il est en train de planter des presse-purée. Jules s’arrête devant le jardin, ébahi.

– Mais qu’est ce que tu fais ? Pourquoi tu plantes des presse-purées?

– C’est pour éloigner les girafes.

– Mais il n’y a pas de girafe ici !

– Évidemment, puisque j’ai planté des presse-purées !« .

C’est une blague qui est assez déroutante pour l’intelligence, car elle semble présenter une logique, alors qu’il n’y en a pas. Entre « planter des presse-purées » et « éloigner les girafes« , il n’y a aucun lien. Ce sont deux propositions qui pourtant ont chacune un sens. Ce qui est drôle ici, c’est que dans la chute, on est incliné à dire « oui bien sûr ! » alors qu’il n’y a pas du tout de cohérence dans le propos (ce qui est posé dans le « évidemment« ). C’est assez remarquable pourtant car demandons nous si parfois, pour ne pas trop regarder la réalité en face, on ne fait pas des raisonnement de ce genre ! On dit « évidemment » aux autres juste pour persuader l’autre, (ce n’est pas du tout évident), peut-être même pour se tromper soi-même. On prétend éloigner les girafes (faire quelque chose d’utile) et en fait on plante des presse-purées (cela ne sert à rien, c’est inutile, et cela ne va pas dans le sens que nous avions justifié). C’est typique des esprits obscurs qui vont avaler toutes sortes d’opinions bizarres et vouloir vous dire qu’avec tous ces trucs ésotériques vous développerez une connaissance de soi ! Encore un qui prétend éloigner les girafes et qui ne fait que planter des presse-purées !

MORALISATION RELIGIEUSE

« Mamie fait la morale à sa petite fille :

– Tu dois bien faire attention à ce que tu fais Sidonie, parce que si tu es gentille tu iras au paradis, mais si tu es méchante, tu iras en enfer.

– Et pour aller au cirque, qu’est ce que je dois faire ?« .

Là encore, les deux discours se situent sur des plan différents. La Mamie fait sa leçon de morale, si tu fais le bien, tu reçois une gratification en allant au paradis, si tu fais le mal, tu reçois une sanction en allant en enfer. Seulement, en raisonnant en terme de lieu (aller là ou là), elle autorise la petite fille à raisonner en termes de condition pour se rendre dans tel ou tel endroit et comme elle aimerait bien aller au cirque, alors, elle pose la question de savoir comme elle doit se comporter pour obtenir ce qu’elle attend. Elle n’a rien compris au discours moralisateur, elle n’a vu qu’une association entre une condition et un lieu : gentille permet d’aller au paradis, méchante permet d’aller en enfer. Donc elle veut savoir ce qui permet d’aller au cirque. Elle a bien sa logique la petite ! Elle est tout à fait maligne, seulement, elle n’est pas entré dans la logique où voulait la faire entrer sa mamie. Elle n’a pas pensé à se culpabiliser sur ses actes et à craindre dans le futur le jugement. Elle n’a pas été imprégnée de toute cette culture religieuse, elle est innocente, et dans son innocence, l’enfer et le paradis sont des lieux où on va, des lieux que l’on peut visiter (comme le cirque !). Mamie, elle, a reçu un conditionnement religieux probablement depuis son enfance et on lui a inculqué l’idée du péché et de sa sanction, l’idée de la vertu et de sa gratification au ciel. Elle ne peut pas y voir une sorte de promenade de l’âme après la mort. Quelle est la position qui est la plus juste sur le statut de l’au-delà ? Mamie croit qu’après la mort, il y a le jugement qui expédie les méchant rôtir en enfer et les gentils chanter au paradis, c’est ce qui nous attend, c’est le but assigné par la religion. Sidonie nous suggère seulement l’idée d’un itinéraire de l’âme de lieu en lieu, une évolution qui dans un regard d’enfant est une promenade, un jeu. Ce n’est pas grave et sérieux comme le sentiment de la faute qui vous expédie là où vous l’avez mérité. Il y a peut-être quelque chose de très juste dans ce regard d’enfant non ?

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