PARCHEMIN DE TRAVERSE / A PROPOS DE… Derrida ou le prétexte dérobé de Jean-Philippe PASTOR [Reçu en service de presse (Marion LAFORGE)]

Ce livre, certes d’une forme tout à fait inédite, tient sa force de sa proximité au lecteur, de la richesse et la diversité du contenu. Chacun d’entre nous peut s’y retrouver, que ce soient au travers des influences poétiques, telles RIMBAUD, HUYSMANS, des opinions politiques et sociales, des carnets de voyage où le « je » autobiographique nous entraîne aux quatre coins du monde, des essais philosophiques et des chroniques scientifiques.

Traitant la question de l’inattendu, Jean-Philippe PASTOR porte ici un regard humaniste sur le monde, ce monde décrit et traité dans tous les domaines qui le constituent. Rien n’est laissé de côté, et par définition aucun lecteur n’est écarté. Le passé, le présent, le futur s’y côtoient de la façon la plus inattendue qui soit pour former l’être dans sa globalité.

Pourquoi cette expérimentation textuelle, et quelle est l’ambition de cette nouvelle forme d’écriture ? Il nous le montre aussi, certaines chroniques prenant l’apparence de manifestes esthétiques. Suivant DERRIDA dans son idée de déconstruction (le livre ne peut être un discours clos sur lui-même), il tente d’expliquer au lecteur ce qu’il appelle « la Métabole », dans laquelle les textes proposés ne prennent plus la forme d’une textualité accomplie au sens classique du terme : ce ne sont plus des produits littéraires ou philosophiques mais des productions en acte potentiellement infinies dans le travail d’écriture qu’elles mettent en scène et le travail de lecture qu’elles organisent. Le travail d’écriture prend alors la forme d’un jeu combinatoire logique et philosophique, fragmentaire, arborescent, un signifiant renvoyant à un autre signifiant de la manière la plus inattendue qui soit. Les formes textuelles obtenues autorisent à la lecture des sens multiples pas nécessairement anticipés par les auteurs. En reprenant la présentation qu’aurait pu en faire Roland BARTHES, le sujet de l’écriture et / ou de la lecture n’a pas à faire à des objets (les œuvres, les énoncés) mais à des champs (les textes, les énonciations) qui s’inscrivent dans le contexte d’un espace-temps textuel d’un genre inédit.

Face à la révolution numérique de ces dernières années, Jean-Philippe PASTOR, disciple de DERRIDA et créateur d’un portail pour mobiles GPRS, UMTS et i-mode, nous donne le point de vue d’un philosophe témoin de cette explosion d’informations qui a profondément changé notre façon de lire et de communiquer. Une thèse certes complexe mais admirablement servie par la forme de l’ouvrage.

 

Argumentaire :

Le 10 février 1999 se déroule à l’EHESS le séminaire de Jacques DERRIDA sur la question du pardon et du parjure dans la tradition philosophique et littéraire occidentale. Ce jour-là, rien ne se passe comme prévu.

C’est l’histoire de ce dévoiement que Jean-Philippe PASTOR nous raconte dans cet ouvrage. L’auteur, alors invité de DERRIDA, déroute le séminaire en présentant un texte auquel personne, ni même le maître de cérémonie, ne s’attend. S’interrogeant sur le lien à l’inattendu et le statut philosophique de celui-ci, il fait pénitence auprès du philosophe qui lui accordera finalement son pardon.

Néanmoins, plus qu’une facétie amicale adressée à DERRIDA au cours d’un séminaire, ce second opus du Cycle Devenir et Temporalité nous offre une œuvre poétique, riche et originale. Mélange de nouvelles, poèmes, analyses philosophiques et traits autobiographiques, les chroniques composant le poème central du livre approchent l’inattendu et l’imaginaire qu’il déploie par une forme inédite et transverse. Une nouvelle forme de narration se crée, où le temps n’est plus, où le sens se construit au fil de l’écriture, par des résonances, des contaminations liant les chroniques entre elles.

A travers cette expérimentation textuelle, Jean-Philippe PASTOR convie le lecteur à découvrir ce qu’il appelle la « Métabole », cette base hypertextuelle qu’il a créée, dans laquelle les textes en viennent à circuler à la vitesse du sens et de la signification qu’ils prétendent transmettre à l’ensemble des corpus – et qui permettent au lecteur de se faire à son tour auteur.

Un auteur qui cherche à démocratiser son art, un temple de connaissance qui place le lecteur au centre de son évolution « métabolique », voilà qui est assez rare pour être remarqué, voilà ce que je vous invite à découvrir…

 

Biographie de l’auteur :

Né en 1964, Jean-Philippe PASTOR, élève d’Edgar MORIN puis de Cornélius CASTORIADIS à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales – mais aussi de Pierre AUBENQUE et de Raymond BOUDON à Paris IV-Sorbonne dont il est diplômé, construit l’architecture de vastes machines textuelles électroniques. Il est le concepteur à l’EHESS d’une importante base de données hypertextuelles nommée « Métabole ».

Après dix ans passés dans le milieu de l’édition traditionnelle et pour développer sa « Métabole », Jean-Philippe PASTOR fonde une société d’édition numérique : Phonereader, intégrateur de contenus et de services pour supports de lectures mobiles.

Jacques Derrida ou le prétexte dérobé est la version papier du second opus du triptyque Devenir et Temporalité, lu dans le monde entier et déjà entièrement accessible sous format électronique.

L’enjeu central de Devenir et Temporalité réside à la fois dans le jeu entre écriture privée et écriture publique et dans la question du Temps, la question du « Devenir-Monde tout entier ».

Poster un commentaire

Classé dans DOMAINE PUBLIC

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s