EDITORIAL / LE BONHEUR EST DANS LE PRE… par Olivier BRIFFAUT

« Ne pas oublier que les villes sont dans la campagne« 

(G. NOUVEAU, Album Richepin, Cailler éd.).

Afin de rassembler nos forces productives et nos patrimoines, nous nous sommes extraits de la nature. Mais la terre colle aux semelles et l’âme de la campagne nous manque cruellement, enserrés dans le béton. « La ville a une figure, la campagne a une âme » (J. DE LACRETELLE, Idées dans un chapeau, éd. Du Rocher). Finalement, la solitude nous écrase sans doute bien plus au sein des rues bitumées de nos villes qu’au cœur de la campagne. Cela nous a-t-il conduit au bonheur (lire l’analyse en éducation) ? La soif d’activités urbaines paraît étanchée, les citadins rêvant de baigner dans le calme et le silence, que d’aucuns continuent toutefois de fuir : « Pour certains citadins la campagne est intolérable parce que son silence rejoint leur vide intérieur » (F. BAC, La Flûte et le tambour, Hachette).

L’opinion de PICABIA (Écrits, Belfond) semble de moins en moins partagée : « Devant l’immobilité de la campagne je m’ennuie tant que l’envie me prend de manger des arbres« . Ce retour aux sources (au sens figuré comme au sens propre) que l’on peut constater ces dernières décennies s’observent au cœur même des villes, les plans d’urbanisation visant à y introduire des espaces de campagne ; il s’agit d’atteindre à une certaine qualité de vie rompant avec les aménagements urbains jusque-là construits, en particulier dans nos banlieues, comme en témoigne les projets politiques dits « de la ville »… Ville et campagne ne seraient-elles pas en fait imbriquées (lire l’analyse audiovisuelle) ? CHODERLOS DE LACLOS écrivait dans Les Liaisons dangereuses : « Nous voilà donc à la campagne, ennuyeuse comme le sentiment et triste comme la fidélité » ! Réinvestir la campagne signifie également renouer avec une certaine authenticité des sentiments et émotions (lire l’analyse musicologique), de l’habitat, des activités… La campagne tendrait-elle à s’urbaniser, les technologies les plus modernes permettant d’y vivre comme à la ville – d’échanger (lire l’analyse géographique) ? Puisse avant tout la campagne poursuivre son renouveau, brisant là son sacrifice sur l’autel des constructions urbaines. « Souvenez-vous que les murs des villes ne se forment que du débris des maisons des champs » (J.-J. ROUSSEAU, Du contrat social). Ne nous laissons pas tromper par le langage : on peut être campagnard et urbain… en faisant preuve de politesse raffinée !

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Classé dans VILLE RURALE ? CAMPAGNE URBAINE ?

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