EDITORIAL / LE HASARD NE SE RESORBE PAS DANS LA FATALITE par Olivier BRIFFAUT

« Il n’y a point de hasard dans le gouvernement des choses humaines, et la fortune n’est qu’un mot, qui n’a aucun sens« 

(BOSSUET, Politique tirée des propres paroles de l’Écriture sainte).

Baruch SPINOZA disait parfaitement dès le XVIIème siècle : « Si les hommes avaient le pouvoir d’organiser les circonstances de leur vie au gré de leurs intentions, ou si le hasard leur était toujours favorable, ils ne seraient pas en proie à la superstition« . Ces doctrines où les hommes s’auto-persuadent que la nature « joue avec eux » – astrologie, numérologie, para-psychologie, graphologie, médecines dites « parallèles », etc. – tiennent à la condition humaine même, à la faiblesse des êtres humains qui sont guidés, non au premier chef par leur raison, mais par leurs désirs et leurs passions, ballottés entre l’espoir et la crainte face à un monde qui ne leur offre pas la garantie d’un sens donné d’avance. Il apparaît donc vain de « dénoncer » la superstition au nom de la raison. Il ne peut s’agir d’un conflit épistémologique de deux types de théories visant à expliquer la nature : la question se poserait en termes de vérité et d’erreur ! On se croirait dès lors revenu au XVIIIème siècle où l’on prétendait réfuter les miracles par la science. Mais pas plus qu’elle ne saurait les expliquer, la science ne saurait réfuter les miracles, puisqu’elle exclut justement, en tant que science, de les traiter comme tels, c’est-à-dire en tant que « faits » confirmant une vérité révélée ! Mieux vaut comprendre les sens de la notion de « hasard », lequel s’enracine dans les rapports des hommes entre eux ainsi qu’à leur environnement. C’est ce à quoi s’efforcent de parvenir les analyses pluridisciplinaires offertes à la lecture dans les pages qui suivent.

François NICOLAS s’interroge ainsi sur la notion d’improvisation musicale et son rapport philosophique au « hasard », quand Gérard-Louis THIAULT démontre que la notion (scientifique) de « hasard » ne peut se comprendre sans celle de « complexité ». Et c’est peut-être par rejet de la complexité et des responsabilités que l’homme s’en remet au hasard pour expliquer les catastrophes « naturelles » (lire Anne BERTONI)… Claude COMBES démontre que la vie parasitaire est liée inexorablement à l’obsession biologique de reproduction. Raphaël FRANGIONE commente l’analyse développée ces derniers mois dans le domaine de la lutte contre la violence scolaire, laquelle évite le « saupoudrage hasardeux » de mesures…

 

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