INTRODUCTION PHILOSOPHIQUE / ELEMENTS ET ENSEMBLES DE REFLEXION par Robert HAMM

Il me semble que pour disserter en la présente matière il faut définir le point de départ théorique dont il peut être ici question. Ainsi, chaque domaine peut, formellement, être point de départ d’un domaine d’investigation, à la fois constitution de son cadre de recherche et construction de ce que celui-ci implique. Cette implication, cette réduction du domaine à ses implications constitutives est le présupposé d’une hypothèse téléologique : les choses ne sont pas ordonnées chronologiquement mais spatialement ; c’est par un mouvement de la mémoire, un mouvement en régression progressive que l’on voit la manière dont le passé fait suite au présent…

Il n’est donc pas question ici de disserter sur l’avenir, de partir d’une vision… La notion d’ensemble (même au pluriel) est une représentation finie (comme une ville pourrait l’être, par exemple…). Le mot « ensemble » (au singulier comme au pluriel) n’est donc pas là ce qui permettrait d’éclairer (ne fusse que faiblement) ce qu’il faudrait entendre par la fonction de la dissertation philosophique… Par contre, les théoriciens de l’écriture d’autrefois, ceux dont on peut voir les inscriptions monumentales (dans les cimetières et les panthéons) avaient bien une représentation précise de la relation strictement « canonique », de la relation entre la géographie du discours et de son « dire »… C’est pour cette raison qu’il faut partir des ensembles (connus) pour réfléchir régressivement, progressivement sur ses éléments moins connus, ses hypothèses théoriques, la matière de la connaissance…

Il existe donc bien un lien théorique possible entre les éléments formels constitutifs du texte philosophique, sa structure en tant que mode de représentation de la réalité et le thème de dissertation présent… Du moins cette hypothèse permet d’éclairer comment textuellement éléments et ensembles peuvent être impliqués dans le concept de dissertation…

Mais cette méthode n’est pas nouvelle : en ne sachant rien de la réalité ou en prétendant son inaccessibilité on recherche ensuite comment elle existe « sémantiquement ». Ainsi est à définir ce qui devrait maintenant faire suite…

 

ÉLÉMENTS ET ENSEMBLES D’UN POINT DE VUE SÉMANTIQUE

 

Concrètement, on peut dire que le domaine sémantique pose exactement la même difficulté définitionnelle que le concept « éléments et ensembles »… Il peut donc tout aussi bien être question de nuances subtiles (ou inutiles) comme de grosses différences rendant le mot « évidence » superflu… De toute manière, il s’agit (en principe) toujours d’une grandeur « solide » qui sert de base pour la compréhension du connecteur « et », du moyen devant permettre la compréhension du « comment » éléments et ensembles sont liés…

Et ce mode de liaison est exactement identique dans la constitution de la phrase : sans la fonction « moyen de liaison », la signification n’existe pas… Même s’il semble que l’on ne puisse comprendre que ponctuellement…

Il y a donc bien une contradiction : l’élément n’existe pas sans l’ensemble et vice et versa : les éléments forment toujours un ensemble : même l’élément (indivisible)est très difficilement trouvable ; il s’agit presque toujours d’une agrégation.

Au niveau de notre concept(« éléments et ensembles ») comme au niveau sémantique, nous avons donc toujours à faire à une construction : des sommes d’éléments organisés géographiquement en ensembles cohérents… De cette manière (sémantiquement), il faut réduire la différence entre les deux mots(« élément » et « ensemble ») à un minimum : faire voir leur synonymie ; faire voir également que la signification de la différence n’est possible que par comparaison : que les éléments doivent être compris « différemment » des ensembles qu’ils composent pour que les ensembles puissent signifier autrement que ce dont ils sont faits : le tout ne peut être plus que la somme des parties que s’il signifie autrement…

Ainsi peut-on s’imaginer une continuité spatiale comme une suite de différences sémantiques, un parallélisme théorique entre la manière dont elles se répètent (élémentairement) et changent (d’ensembles en ensembles). La signification de notre concept est donc identique : signifier, c’est représenter comment ce qui suit (par exemple historiquement) reste identique au milieu d’un cadre changeant…

 

ÉLÉMENTS ET ENSEMBLES DANS UN CADRE CONCEPTUEL

 

L’identité du groupe conceptuel « éléments et ensembles » pose la question de leur domaine-cadre, de la signification de ce qu’ils représentent… Cette représentation est aussi celle du domaine-cadre, du contexte dont on parle en émettant un point de vue, ce dernier compris selon sa plus grande « extension » est la notion d’ensemble posée sous une forme théorique, comme degré de synthèse, comme moyen de comparaison : le degré « d’analyse » représenté par le mot « élément » est l’autre aspect du concept, la somme des deux (synthèse et analyse) formant deux moyens représentatifs (pour toute représentation-modèle).

Revenons au degré de synthèse. Ce qui est représentatif pour toute représentation-modèle est l’ensemble comme moyen de représentation de la synthèse-même, la somme des ensembles représentatifs du point de vue de l’identité : chaque ensemble doit donc à la fois représenter le tout (la somme des ensembles dans lequel il n’est qu’un élément) et lui-même comme représentation de sa propre position systémique. Seulement, ce degré de synthèse de l’ensemble comme élément de la représentation du tout d’un point de vue positionnel peut constituer un cadre conceptuel exact…

Hors le seul exemple qui m’apparaît comme possible pour un élément capable de se représenter lui-même (ainsi que sa propre position) dans un cadre où d’autres éléments identiques sont également représentés est le corps humain…

Sans doute que, dans la plupart des cas, l’on parle toujours de toute manière de ce point de vue, mais, ici, le degré d’organisation que permet de suggérer le mot « ensemble(s) » au pluriel permet, également, la représentation d’un degré de synthèse organisationnelle que seul un corps vivant peut actualiser.

 

ÉLÉMENTS ET ENSEMBLES DANS UN CADRE SOCIOLOGIQUE

 

Chacun sait (ou devrait savoir) que ce degré de synthèse organisationnelle devrait être compris comme une représentation a priori… En effet, elle devrait être présupposée (au comparatif) comme moyen d’explication pour les modes d’organisation des humains. Ainsi qu’un élément puisse être un ensemble et celui-ci également un dans un ensemble plus grand est aussi logiquement organique (si l’’on peut dire). Ceci vaut également pour les agrégats urbains, les institutions, l’Organisation scientifique du travail, le commerce (les entrepôts, par exemple).

D’un autre point de vue, une distinction linguistique serait également possible ; une distinction conceptuelle entre éléments et ensembles définissables de deux manières différentes. Dans la première définition éléments et ensembles seraient identiques (ou substituables). Dans la seconde, l’image de l’ensemble ne serait pas présente dans l’élément ; dans ce dernier cas, il devrait être possible de sortir du modèle organique pour entrer dans celui plus théâtral des rôles. Là, en effet, il peut y avoir substitution des positions mais non des fonctions. Ainsi, chaque rôle se laisse définir en fonction de sa règle mais celle-ci, généralement, ne peut pas être inter-changée avec une autre règle. De là résulte bien- sûr l’ordre social…

De cette manière, les individus jouent un rôle élémentaire dans des cadres-ensembles ayant toujours un caractère plus ou moins institutionnel. Ce mot sans doute mal compris dans la sociologie des années 60 (du dernier siècle) n’est pas forcément politique.

Il représente plutôt la forme abstraite d’un type d’organisation dont la durée est une fonction… L’institution est d’abord sociale et, ensuite, ensemble(s) comme élément(s) dans un ensemble plus grand (l’État). D’autre part, ce n’est pas pour rien que l’expression « corps social » a une position historique… Ainsi peut-on parvenir à la réduction du concept « éléments et ensembles » aux complexes urbains qui abritent les institutions de l’État.

En somme, c’est l’édifice qui représente le mieux (c’est-à-dire de la manière la plus générale et la plus précise) ce que les mots « élément(s) » et « ensemble(s) » peuvent signifier le plus simplement. Qu’il s’agisse du texte (philosophique ou non) de la sémantique, de la question du cadre conceptuel ou de la sociologie, il semble, de toute manière, qu’élément(s) et ensemble(s) soient des représentations abstraites ayant une fonction-modèle. Indépendamment du domaine permettant un tel usage, il semble toujours que deux de ces usages sont possibles : le prototype et la maquette. Qu’il s’agisse donc d’une projection ou d’une représentation, éléments et ensembles aident à comprendre comment une modification ou une perception du présent est imaginable. C’est cette possibilité qui fait qu’éléments et ensembles impliquent un moment mécanique, un moment constructif ou re-constitutif au sens « conservatif » du terme.


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