EDITORIAL / FUIR OU FAIRE FACE ? par Olivier BRIFFAUT

« Le renoncement, c’est très beau ; n’empêche que si l’humanité ne vivait que de cette viande creuse, elle serait encore dans les cavernes« 

(G. DUHAMEL, La Nuit de la Saint-Jean, Mercure de France).

Confrontée aux difficultés qui jalonnent sa marche en avant, l’humanité doit à chaque fois faire face à une alternative incontournable, qu’elle ne peut pas fuir : faire face (à l’obstacle) ou le fuir. Renoncer à faire face ne revient-il pas à reculer (cf. la citation épigraphique) ? Quid alors de l’expression « fuite en avant », qui laisse supposer que l’on peut fuir en avançant ? Mais l’issue d’un tel comportement n’est-elle pas implicitement négative (lire l’analyse en éducation de Lydie PFANDER-MÉNY) ? Dès lors, faire face serait le seul choix « progressiste », puisque permettant d’accroître l’éventail des solutions efficaces auxquelles l’humanité a recours pour continûment évoluer. Ce serait en outre l’apanage des femmes et des hommes « forts » que d’affronter (lire l’analyse littéraire de Stéphane TUPINIER) – courageusement – les problèmes. L. PAUWELS le souligne dans L’Apprentissage de la sérénité lorsqu’il écrit : « Les faibles ont des problèmes. Les forts ont des solutions« , justifiant par là même la doctrine évolutionniste de DARWIN.

La fuite est-elle donc un acte dénué de toute once de courage, fuir n’étant pas une solution (lire l’analyse historique de Renaud BUSENHARDT) ? Ou une solution non optimale… Dans La Chartreuse de Parme, STENDHAL parvenait à la conclusion suivante : « Le courage consiste à savoir choisir le moindre mal, si affreux qu’il soit encore« . Cette forme de courage peut permettre parfois la prise de recul (temporelle et / ou spatiale) nécessaire à la résolution de problèmes. Auquel cas fuir serait la condition sine qua non pour ensuite faire face avec succès ! La fuite ne serait donc pas forcément la solution de facilité (lire à titre d’illustration l’analyse musicologique de la « fugue » proposée par Joëlle-Elmyre DOUSSOT). Fuir serait sûrement sortir – de quelque part, de quelque chose (lire l’analyse philosophique de Guillaume DURAND)… Mais sortir, est-ce fuir ?

Dès lors constate-t-on que faire face à l’élaboration d’une analyse pluridisciplinaire telle que celle proposée dans ce numéro nécessite un certain courage ! Comprendre les comportements de fuite – marques d’un individualisme exacerbé ? (lire l’analyse sociologique de Jean-Marc RÉMY) – n’est en effet pas chose aisée !

 

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Classé dans COURAGE, FUYONS ?

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