EDITORIAL / FORME(S) SCOLAIRE(S) par Olivier BRIFFAUT

« Se former n’est pas commode. Se réformer encore moins » (J. COCTEAU, La Difficulté d’être, « Du travail et de la légende », Édition du Rocher).

Les analyses en sciences humaines et sociales émettent des doutes multiples quant à la « forme scolaire » occidentale, constituée depuis le XVIIème siècle, en passe, pourtant, de se « mondialiser » : un enseignant devant une classe d’élèves (mise en forme spatiale), prédominance de l’écrit sur l’oral (forme de transmission des connaissances), structuration de l’enseignement sous forme de disciplines (mise en forme des savoirs), encore bien souvent hermétiques les unes par rapport aux autres, ce que PAPIERS UNIVERSITAIRES vise, à son échelle, à remettre en cause… « Une discipline est une façon de discipliner l’esprit« , écrit Alain KERLAN, philosophe de l’éducation. Ce cloisonnement des disciplines induit un autre aspect de la « forme scolaire » : le découpage des emplois du temps en tranches horaires consacrées aux différentes matières. Et l’on sait comme cette « forme organisationnelle scolaire » est figée, chaque discipline développant une véritable activité de lobbying pour défendre sa place dans l’institution. « La sociologie des organisations (…) analyse les disciplines comme des constructions sociales qui, au fil du temps, ont formé des corporations autonomes défendant leur territoire » (Martine FOURNIER, Sciences Humaines n°121, novembre 2001, p.24). Constatons donc comment la « forme scolaire » est en fait plurielle, ensemble de « formes ».

C’est dire ô combien la notion générale de « forme » revêt de nombreuses réalités, dont les analyses disciplinaires suivantes (reliées) proposent quelques aspects.

David BOURCIER propose ainsi à notre lecture une analyse philosophique des formes d’aliénation et d’émancipation dans l’œuvre – pluridisciplinaire – de MARX. En musicologie, Joëlle-Elmyre DOUSSOT s’intéresse à l’apparition de la notion de « forme » – corrélée à l’abandon de celle de « modalité » au profit de celle de « tonalité ». Renaud BUSENHARDT analyse sous l’angle historique comment telle forme de pouvoir accorde plus ou moins d’importance à la forme (au sens médical du terme) de son détenteur… Raphaël FRANGIONE propose une analyse de ce même lien entre forme et formalisme, en abordant la question des formes relationnelles entre l’école et la famille, sujet développé par Lydie PFANDER-MÉNY…

 

 

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