EDITORIAL / ULTIME VALEUR par Olivier BRIFFAUT

« Il est très facile de ne pas devenir intelligent, la recette est simple : s’assoupir dans la passivité des réponses apprises, renoncer à l’effort de formuler ses propres questions ; devenir intelligent, c’est suivre la voie inverse, c’est procéder au dressage de cet animal rétif, paresseux, qu’est notre cerveau ; c’est le contraindre à aller au bout des questionnements, à ne pas se satisfaire trop facilement de réponses toutes faites ; c’est faire flèche de tout bois, les dons de la nature comme les apports de l’aventure, pour construire l’outil intellectuel qui nous permet d’être nous-mêmes ; c’est se créer soi-même » (Albert JACQUARD, Moi et les autres, Seuil).

« Ce en quoi une personne est digne d’estime (quant aux qualités que l’on souhaite à l’homme dans le domaine moral, intellectuel, professionnel) » (Dictionnaire Petit Robert) : voilà qui résume ce que l’on peut entendre par « ultime valeur », celle de l’être humain que caractérisent les incommensurables capacités de son cerveau, d’autant plus qu’il a le pouvoir – comme le souligne Albert JACQUARD – de le façonner lui-même. Pour cela, il est nécessaire que sa personnalité soit au préalable suffisamment construite (grâce à l’éducation reçue) par transmission notamment de valeurs sous-tendant la vie sociale, le développement personnel de chaque individu étant corrélé étroitement aux valeurs fondant la société dans laquelle il vit. Est là exigée une analyse philosophique teintée de sociologie. Dès lors peut-on montrer qu’un lien peut être tendu vers la littérature et la poésie, lequel nous interroge sur la mémoire… et l’oubli de valeurs (historiques) fondamentales.

« Incommensurables capacités » intellectuelles de l’homme ? Qu’est-ce que la valeur alors ? Comment la mesure-t-on ? L’analyse macroéconomique de ce concept est incontournable, mais – théorique – doit être cependant reliée à une analyse sociologique : la discussion est « naturellement » recentrée sur (le travail de) l’homme… et l’effort qu’il doit accomplir pour se positionner par rapport à ses jugements de valeur, s’il veut atteindre à une certaine objectivité « scientifique ».

Par ailleurs, subjective (souvent), puisque dictée par les émotions, la détermination de la valeur en arts, intégrée de ce fait plus ou moins au corpus d’analyse, n’en demeure pas moins une exclusive capacité humaine.

Bien au-delà des « valeurs boursières » (attendues !), l’ultime (notion de) valeur est décidément bien humaine…

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