PROSE POETIQUE

UN JOUR, PEUT-ÊTRE

par Olivier BRIFFAUT

 

Un jour, peut-être,

Quand le temps ne comptera plus,

Ou un peu moins ;

Quand s’assèchera ta peau

Et s’abîmeront tes yeux ;

Quand Gavottes, Pleurs et Leçons de Ténèbres

Hanteront tes balades ;

Quand le souvenir d’autres heures

Encore nous brûlera ;

Quand tu gémiras de ne pouvoir

Ravaler tes crachats ;

Quand tu penseras à moi

(Quelques minutes de solitude),

A quelques lignes surannées…

Ce jour, peut-être,

Quand le temps ne pèsera plus,

Ou autrement,

Il sera trop tard, sans doute,

Et l’on regrettera.

 

L’ATTENTE

par Renaud BUSENHARDT

Attendre pour aimer, ô savante blessure !

Arriver en avance, et sans s’impatienter,

Égrener les instants, apprécier la morsure

De l’aiguille qui fuit, dévorant l’anxiété.

 

Attendre pour aimer, ô douceur d’un martyr !

Savoir qu’elle viendra, s’imaginer son corps,

Puis maudire le temps qui lentement s’étire ;

Reconnaître un passant et se morfondre encore.

 

Attendre pour aimer, ô divine amertume !

L’apercevoir enfin et s’élancer vers elle,

Caresser d’un regard sa beauté qui s’allume,

L’embrasser pour soudain se sentir éternel.

 

La suite, mon ami, n’a que peu d’intérêt.

Crois-moi si tu le veux, l’essentiel est l’attente.

L’étreinte et l’embrassade ont un commun secret :

Il faut, pour bien l’aimer, espérer son amante.

 

HEURES INFINIES

par Renaud BUSENHARDT

J’eus des heures infinies sur ce vieux banc de bois ;

J’écrivais des chansons comme un marin se noie,

Submergé par le flot des souvenirs de toi,

Fébrilement confiant, résigné toutefois.

 

Les ombres sur la mer, insondable miroir,

Dessinaient des ilots aux contours illusoires,

Univers éphémères et hallucinatoires,

Que le vent modelait comme on sculpte un ivoire.

 

Et puis le soir venait tout doucement s’étendre,

Sur l’océan doré, vibrant comme un méandre,

Palpitant de cent feux, telle une salamandre,

Le soleil ne laissait que des traînées de cendre.

 

La ville, naufragée au fond de la lagune,

Se drapait à son tour dans la pénombre brune,

Et, tandis que le sable ondulait sur les dunes,

Les vagues s’étalaient en mourant sur les tunes.

 

J’eus des heures infinies à créer mes errances,

Les parfums de la nuit m’enveloppaient les sens,

Mêlant confusément aux sublimes fragrances,

Les accents résonnant de tes trop longues absences.

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Classé dans LE TEMPS

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