PROSE POETIQUE / IGNORANCE par Olivier BRIFFAUT

« Le bon sens nous dit que les choses de la terre n’existent que bien peu,

et que la vraie réalité n’est que dans les rêves« 

(Charles BAUDELAIRE, Les Paradis Artificiels).

 

C’était un grand parc verdoyant ceint de peupliers.

Un manoir en ruine, vide, jouxté d’un puits profond.

Un lierre grimpait le long d’une façade.

Les vitres étaient ternes,

L’une d’elles, brisée.

Les volets restaient clos.

Il n’y avait pas de porte.

 

C’était en automne.

Le vent effeuillait les peupliers.

La mousse s’accrochait aux murs de pierre effondrés.

 

Une seule pièce, carrée, échappait à la pénombre.

Deux tabourets de bois se faisaient face.

Au milieu trônait une table ronde, vermoulue.

Les coudes y étaient posés.

La tête dans les mains, deux êtres s’imprégnaient du silence.

Un hibou poussa un cri lugubre.

De la cire coulait le long d’une bougie.

La flamme vacillante se reflétait dans leurs yeux.

Ils pouvaient rester des nuits entières à scruter l’infini

Derrière leurs trop profonds regards.

 

Je connaissais ces ombres.

L’une d’elles pleurait.

Qu’importe, la bougie est éteinte maintenant.

Il n’y a plus de songe.

Un son de cloche vibre dans le lointain.

Après le tocsin, le bourdon.

C’était nous.

Il est des matins où l’on se réveille triste.

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