PARCHEMIN DE TRAVERSE / A PROPOS DE… Trois ouvrages sur la Nouvelle Vague… par Aurélio SAVINI

Nouvelle Vague de Jean DOUCHET

La Nouvelle Vague, portrait d’une jeunesse d’Antoine DE BAECQUE

« Nouvelle Vague, une légende en question », Hors-Série des Cahiers du Cinéma

« La Nouvelle Vague, ils étaient 170 en 1958, ils ne sont plus que 3 ou 4 aujourd’hui. D’ailleurs, la N.V. était déjà morte en 1965. Et surtout ils ont tué le grand cinéma de studio« . Ce sont les propos que l’on entend souvent quand on veut réduire un phénomène à du quantitatif. Ces trois ouvrages arrivent à point pour rafraîchir la mémoire des ignorants toujours prêts à hurler le plus fort, dès qu’on sort de la norme, d’un certain équilibre.

La Nouvelle Vague, c’était d’abord bousculer les équilibres : économiques (le cinéma ça coûte cher, il faut attendre 40 ans, être assistant…), techniques (jeune homme, la déclinaison dramatique des plans tu étudieras, le contraste des éclairages tu observeras) et sociologiques (l’impertinence n’est pas de l’art). Mais attention, pour GODARD, TRUFFAUT, RIVETTE, CHABROL et les autres, il ne s’agissait pas pour autant de nier l’aspect industriel du cinéma, il fallait seulement réussir à créer avec l’industrie cinématographique un autre rapport. Cela passait par prouver une certaine compétence pratique après l’offensive théorique menée par ces critiques des Cahiers du Cinéma et, dans le même temps, obtenir du système de production classique des garanties de liberté, par exemple, en réalisant des films trois fois moins chers que la moyenne, en décor naturel, avec des acteurs inconnus.

La maquette flamboyante et très « pop art » de l’ouvrage de Jean DOUCHET, partie prenante du mouvement, offre déjà une idée du bouleversement des conventions visuelles à l’œuvre. Mais il comprend aussi des photos et des documents de référence et traite le phénomène sous tous ses aspects. Antoine DE BAECQUE s’est plutôt intéressé aux aspects sociologiques et remarque que la jeunesse de l’époque, bien plus nombreuse qu’auparavant, se trouvait sous-représentée dans la société. La Nouvelle Vague, expression journalistique de l’hebdomadaire L’Express, devait donc rencontrer un certain succès public. Mais, comme toute rupture d’équilibre, et naissance d’une modernité, le « malentendu » du succès populaire du début ne pouvait pas durer.

S’il apparaît comme le moins volumineux, le hors-série des Cahiers du Cinéma n’en est pas moins le moins intéressant de ces trois ouvrages…

A lire, la table ronde réunissant André S. LABARTHE, Jean DOUCHET et Luc MOULLET : « Le cinéma de la Nouvelle Vague ne s’intéresse qu’à la rencontre. Une rencontre qui n’a pas forcément d’aboutissements, l’action ne se justifiant plus par son but. Car ce qui est important ce sont les déambulations, c’est de regarder vivre des gens et des choses, sans aller vers eux. On ne va pas vers, on va avec. On ne fabrique plus les rencontres, l’action, on les regarde arriver« .

A méditer, les choix techniques paradoxaux des jeunes cinéastes expliqués par Alain BERGALA : « La plupart des cinéastes de la Nouvelle Vague refusent « la marginalité » que représente indiscutablement, à l’époque, le choix du 16 millimètres« .

A ne pas oublier, la photo de couverture de ce hors-série avec Jean SEBERG dans A bout de souffle.

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