MacroECONOMIE / STRUCTURE PLURIELLE DU CAPITAL par Olivier BRIFFAUT

« Il n’y a pas de partie de l’économie politique où la tentation soit aussi forte d’imaginer une série de termes techniques entièrement nouveaux dont chacun aurait un sens précis et fixe et qui, à eux tous, répondraient à toutes les significations diverses données au mot « capital » dans le langage des affaires« 

(Alfred MARSHALL, Principes d’économie politique, Giard et Brière, Paris, 1906, p.186).

Comment définir la structure du capital, d’une façon la moins ambiguë possible ? Quelle est la composition du capital ? La curiosité est aiguisée et la tentation est grande – comme le souligne Alfred MARSHALL – de parvenir à quelque classification d’objets… Panorama des lacunes et erreurs analytiquement commises…

Il s’agit de concevoir le capital sur la base de l’observation des pratiques – comptables et financières notamment. Il convient de définir ainsi ce qu’est le capital fixe dans son contenu physique, ce que sont pareillement le capital circulant, le capital constant et le capital variable de MARX, etc. « Capital fixe, capital circulant, capital physique ou monétaire sont autant d’expressions qui proposent le meilleur comme le pire car elles se contentent de décrire et d’analyser les formes diverses sous lesquelles se présente le capital sans en chercher l’unité » (François PERROUX, Les comptes de la nation, pp.114-115). La difficulté est ainsi de définir le concept de capital de façon claire et tranchée – unique – au-delà du caractère pluriel de ses formes, de l’hétérogénéité des biens-capitaux, apparente avant tout sur le plan physique, puisque chacun possède des caractéristiques techniques différentes et parce que deux biens physiquement identiques peuvent se voir assigner à des usages divers qu’il faut parvenir à synthétiser. Par conséquent, il apparaît incontournable de recourir à une analyse historique de la distinction entre capital fixe et capital circulant, essentiellement pour ouvrir la voix à une unité de définition structurelle du capital, qu’un travail plus approfondi permettrait de parfaire. Relevons pour l’heure l’ambiguïté plurielle récurrente biaisant les analyses développées plus particulièrement par les auteurs dits « Classiques ».

 

L’AMBIGUÏTÉ CLASSIQUE LIÉE A LA CIRCULARITÉ DU CAPITAL

 

Tout capital n’est-il pas circulant, dans le sens qu’il s’intègre au circuit économique de production-consommation ? Même le capital fixe semble circuler. « La circularité du capital fixe se fait par l’usage. En même temps que les machines s’usent, elles donnent des biens de consommation (…) Ces biens de consommation permettent de reconstituer les biens capitaux. La circularité du capital circulant a lieu de même. Celui-ci se lie dans le processus de production pour un temps plus ou moins long avant de ressortir sous la forme de biens de consommation » (Cécile MAURON, Discussion sur les théories réelles et monétaires du capital, Sirey, 1966, p.37). La circularité du capital fixe et celle du capital circulant sont même, selon MARX, inter-dépendantes (il fait là l’hypothèse d’une proximité de nature entre le capital circulant et les biens de consommation). « Le secteur des biens de production et celui des biens de consommation ne marchent pas l’un au dessus de l’autre, mais l’un à côté de l’autre, donc ensemble. Ils échangent une partie de leurs biens. Ainsi, à un moment donné, il y aura des biens de tous genres qui seront comptabilisés ensemble et d’une certaine manière tout capital est circulant » (Karl MARX, Le Capital. Critique de l’économie politique, Paris, 1900, p.155). Adam SMITH affirme cependant que les capitaux fixes ne circulent pas, tout en écrivant par ailleurs, il est vrai, que « tout capital fixe provient originairement d’un capital circulant et a besoin d’être continuellement entretenu aux dépens d’un capital circulant. Toutes les machines et instruments d’industrie sont, dans le principe, tirés d’un capital circulant… » (Adam SMITH, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, Gallimard, 1976, p.136). En définissant le capital circulant comme l’ensemble des matières premières et fournitures – ce qui, sur le plan comptable, n’est pas farfelu – objets d’achats inter-entreprises, il forme un stock de biens au même titre que les produits finis. « Les biens intermédiaires correspondant au capital circulant ne constituent qu’une variété de biens de consommation. Leur originalité tient simplement au fait qu’ils apparaissent sous une forme matérielle au cours du processus de transformation puis sont consommés par les ménages sous une forme différente » (Xavier BRADLEY, Biens de consommation et biens d’investissement : essai de définition, Thèse de Doctorat ès Sciences Économiques, Dijon, 1991, p.344). Faut-il pour autant considérer que le capital fixe provient originairement du capital circulant ?

A son origine, tout capital est un salaire et naît de la transformation instantanée de « salaires-revenu » nouvellement émis en chaque période de production. « Le capital est d’abord un revenu « suspendu », le revenu futur des titulaires » (Bernard SCHMITT, Inflation, chômage et malformations du capital, Economica, Castella, Albeuve, Suisse, 1984, p.173). Nous nous trouvons dès lors devant une alternative conceptuelle : soit le capital fixe ne circule pas, donc ne se retrouve pas dans le produit puisque sa présence – purement fonctionnelle – se limite à la sphère de la production et ne se prolonge pas dans celle de la circulation, auquel cas ne faudrait-il pas infirmer la nature du capital circulant comme source de tout capital fixe ? Soit l’accumulation de capitaux circulants permet l’apparition de capitaux fixes, auquel cas la circulation du capital fixe doit se prolonger au-delà de la production. Si l’analyse de SMITH peut être créditée de quelque cohérence interne, on ne peut que considérer que les capitaux fixes s’incorporent dans les produits finis (op.cit., p.431). Mais l’ambiguïté sus-dénoncée se prolonge en liant la notion de circularité et celle de fonctionnalité.

 

L’AMBIGUÏTÉ LIÉE A LA DURÉE D’IMMOBILISATION DU CAPITAL

 

La nature structurelle du capital semble varier selon l’affectation de celui-ci dans le temps et la durée de son utilisation. C’est ce qui émane de la lecture de STRIGL par exemple, qui distingue entre capital fixe et capital circulant selon un critère quasi-fonctionnel, puisque durée d’immobilisation et fonction remplie par chaque type de capital sont liées : « Le capital comprend les produits intermédiaires. Ce sont les matières brutes et auxiliaires, dans les différents stades, destinées à être utilisées à la finition des biens de consommation (…) Il faut tenir compte du capital fixe (moyens de production relativement durables : en particulier les machines). Ce sont des moyens de production produits qui peuvent être utilisés pour une multitude de processus de production particuliers » (STRIGL, Kapital und producktion, Wien, 1934, p.39).

Le délai d’immobilisation du capital est le critère de distinction exclusif de David RICARDO. « Selon que le capital circulant disparaît rapidement et exige un renouvellement perpétuel, ou qu’il se consomme lentement, on le divise en deux catégories qui sont : le capital fixe et le capital circulant » (David RICARDO, Des principes de l’économie politique et de l’impôt, Champs/Flammarion, 1977, p.41). Le critère de distinction est ainsi finalement le temps. Mais comment opérer la distinction sinon sur une éventuelle « durée » ? Mais alors, où se situe la limite entre la durée permettant de définir le capital circulant et celle – supposée supérieure – permettant la définition structurelle du capital fixe ? Le temps est un critère de distinction ambigu. Pire, tout capital étant du temps (quantique), l’instantanéité interdit toute distinction temporelle. D’ailleurs, le temps est aussi, chez RICARDO, un critère d’unification des deux sortes de capital, autorisant un amalgame.

L’analyse de RICARDO se prolonge sur ce point dans celle de BÖHM-BAWERK pour lequel le capital est la somme des biens intermédiaires intervenant au cours des différentes phases du circuit économique (cf. E. VON BÖHM-BAWERK, Positive theory of capital, Libertarian Press, 1959, p.169). Évacuant – et c’est regrettable – la distinction des fonctions économiques des capitaux, l’analyse de RICARDO en termes de temps simplifie toutefois l’analyse du capital : « L’analyse rudimentaire du capital de Ricardo débouche sur un concept temporel du capital technique, le temps étant l’élément qui unifie toutes ses formes spécifiques » (J. SCHUMPETER, Histoire de l’analyse économique, Tome II, L’Âge classique, Gallimard, 1983, pp.349-350). Il n’en demeure pas moins que, bien que (parce que ?) concept unificateur, le temps (continu) est insuffisant pour distinguer capital fixe et capital circulant, car il ne souligne que des différences de longévité entre les divers capitaux. « Ayant une durée différente d’existence, les biens capitaux ont une vitesse de rotation différente par rapport au temps. Cette idée a permis à Machlup d’essayer de substituer à la classification : capital fixe, capital circulant, celle de « temps différent qu’un bien séjourne dans la firme » » (A. COTTA, La dépréciation du capital et le sujet économique, S.E.D.E.S., 1958, pp.185-186). Les capitaux ne peuvent tous qu’être de même nature économique. On peut même ainsi concevoir l’existence d’une seule catégorie de capital dans l’économie (ibid., p.162). Poussée à son terme, l’analyse des capitaux selon le critère de la durée temporelle de leur immobilisation ne permet absolument pas de différencier le capital fixe et le capital circulant. RICARDO est conscient de cette faiblesse de l’analyse puisqu’il tient à préciser que la division du capital en une partie fixe et une partie circulante est une « division peu essentielle et qu’il est d’ailleurs difficile d’établir d’une manière bien nette » (David RICARDO, Œuvres complètes, « Lettre à Mill », 14 octobre 1816). Pourtant, paradoxalement, l’auteur a besoin de cette « division » pour analyser les variations observées dans l’économie.

Néanmoins, analyser la durée d’immobilisation des capitaux ne passe pas forcément par la simple observation du temps lui-même. Dans nombre d’analyses, cela semble pouvoir se faire en considérant le nombre de fois qu’un bien-capital est utilisé dans le temps de sa durée de vie par rapport au temps (unitaire) du procès de production. Ainsi pourrait-on considérer que le capital circulant est utilisable à plusieurs stades de production ou lors de différents processus productifs ; le capital circulant pourrait être qualifié de « non spécifique » à un mouvement (ou même à une partie du mouvement) productif donné.

 

L’AMBIGUÏTÉ LIÉE A LA SPÉCIFICITÉ PLUS OU MOINS MARQUÉE DU CAPITAL

 

Dans nombre de commentaires de BÖHM-BAWERK, apparaît clairement une distinction faite par Friedrich VON HAYEK entre les biens. Il ressort de cette taxinomie deux ensembles analytiques. Dans le premier ensemble de biens, on classe ceux qui peuvent être utilisés à tous ou à de nombreux stades de la production. Dans le second trouve-t-on ainsi ceux que l’on n’utilise qu’à un ou très peu de stades de production. « A la première catégorie appartiennent non seulement la plupart des moyens de production originels, mais aussi la plupart des matières premières et de très nombreux biens à usages multiples tels que couteaux, marteaux, pinces, etc. » (F. VON HAYEK, Prix et production, Calmann-Lévy, 1975, p.140). Tous les biens qui, à un seul et même moment appartiennent à des stades différents de la production, seraient ainsi inclus dans cette catégorie de biens.

L’auteur dégage la notion de capital circulant en se référant à la constitution des biens produits, à travers les détours de production (ibid., pp.132-133). Alfred MARSHALL souligne également que le capital circulant se caractérise par une certaine souplesse d’utilisation (op.cit., p.109). On pourrait ainsi concevoir le transfert de l’usage d’un tel bien de production d’un stade de production ultérieur (inférieur) vers un autre antérieur (supérieur). HAYEK reprend d’ailleurs et adapte une terminologie propre à VON WIESER pour qualifier ces biens de production à vocation « pluri-stades » de production, de biens « non spécifiques ». Par symétrie, on en déduit qu’un bien « spécifique » est un bien qui est utilisé à un ou quelques stades de la production. « La plupart des machines hautement spécialisées ou des usines ainsi que tous les types de biens semi-finis qui ne peuvent être transformés en produits finis qu’en passant par un nombre déterminé de stades de la production, relèvent de la seconde catégorie » (F.A. VON HAYEK, op.cit., p.139). Mais HAYEK écrit ainsi tautologiquement que la mobilité technique d’un bien physique varie en fonction de son degré de spécificité, lequel indique la mesure dans laquelle il est polyvalent !

Par ailleurs, en raisonnant dans le cadre analytique de HAYEK, deux remarques s’imposent toutefois. D’une part, à partir de quel nombre n de stades de production où est utilisé le bien b peut-on considérer que celui-ci est non spécifique ? Cela laisse à penser que cette nomenclature n’est d’aucune utilité pour affirmer la durée d’immobilisation des capitaux comme critère définitif de distinction entre ceux qui sont fixes et ceux qui sont circulants, et n’a par conséquent aucun caractère absolu. Nous retrouvons là le problème rencontré avec le critère de distinction temporel de RICARDO. F.A. VON HAYEK reconnaît lui-même que tout bien quelconque peut être qualifié de spécifique ou de non spécifique. Il ajoute : « On doit pouvoir cependant se prononcer en termes relatifs et dire d’un bien quelconque, comparé à un autre, qu’il est plus ou moins spécifique » (op.cit., p.140). D’autre part, doit-on considérer tout bien non spécifique comme du capital circulant ? Si l’on considère que le capital circulant regroupe tous les biens-« ingrédients » de la production, certains biens que HAYEK considère comme non spécifiques, tels que les petits outils, ne doivent-ils pas en être exclus ? Le problème est, là aussi, celui d’une limite floue existant entre ce que l’on pourrait appeler le « petit matériel » et le « petit équipement », ce dernier relevant du capital fixe. Autrement dit, sauf à supposer que le « petit matériel » est ce que l’on désigne en comptabilité comme des fournitures, le capital circulant serait composé forcément de biens non spécifiques, mais (condition nécessaire mais non suffisante) tout bien non spécifique ne serait pas forcément du capital circulant. De plus, si l’on considère – en poursuivant ce raisonnement basé sur l’hypothèse de l’existence, hautement critiquable, de détours de production – que le capital circulant se définit par le stock de matières premières nécessaire à chaque stade de la production, il faudrait inclure dans cette catégorie de capital les biens semi-finis, « en cours de fabrication », aliments du stade de production supérieur. HAYEK considère effectivement que ces biens sont du capital (op.cit., p.140). Mais comment peut-on affirmer que tel bien – qui n’existe pas encore, puisque non fini – est du capital ? Est là sérieusement ébranlée la notion de « détours de production ».

 

TENTATIVE DE DÉFINITION FONCTIONNELLE (NON AMBIGUË) SELON MARX

 

On peut dégager nettement de la pensée de MARX une distinction prolongeant et affinant celle de ses prédécesseurs. Si un capital fonctionne en tant que moyen de production et influence ainsi la productivité physique du travail (seul facteur au sens étymologique et économique), alors il est dit « fixe ». Les machines nouvellement produites sont vendues sur le marché comme toute marchandise, mais elles ne deviennent du capital fixe (constant chez MARX) que lors de leur entrée dans le processus de production. Le capital fixe fonctionne en tant qu’intermédiaire entre le travail et le produit. Si, au contraire, le capital n’est qu’un élément matériel qui, une fois transformé par le travail, se retrouve dans le produit fini, alors il est dit « circulant ». Tout consommateur du bien fini obtient ainsi le résultat de toutes les activités humaines mises en oeuvre au cours du processus productif. Le capital circulant ne peut que subir des transformations sans jamais en apporter, puisqu’il fonctionne en tant qu’objet et non moyen de travail. Les matières premières, qui constituent le capital circulant, sont ainsi incorporées dans les biens finis, contrairement aux équipements, constitutifs du capital fixe. En effet, les équipements ne se consomment pas par morceaux (ce qui ne signifie pas qu’ils ne s’usent pas par morceaux). Les consommateurs n’achètent pas les équipements à travers les biens finis. Les capitaux fixes restent la propriété physique et économique des firmes. Adam SMITH a pu nous laisser l’impression que les ménages consomment aussi bien les équipements que les matières premières, en assimilant les réserves de capitaux fixes et circulants à un fonds de consommation (op.cit., p.136). Alors que les équipements sont « fixés » dans la sphère de la production, et aussi, corolairement, dans les entreprises.

La définition de MARX est affinée par la prise en compte du rôle « actif » ou « passif » du capital. Toute machine entrant dans le processus de production participe directement à la fabrication des marchandises. Son rôle – de moyen de production – est ainsi actif. Il est, dans ce sens, tout à fait correct d’affirmer que la machine produit par l’intermédiaire du travail. En effet, l’intervention des équipements permet de modifier les caractéristiques techniques ou la quantité des biens finis qui sont rendus disponibles. Ainsi, pour une activité donnée, on peut accroître les volumes d’objets et de services disponibles. Cependant, notons que les équipements ne produisent pas. Car l’action du capital fixe se rapporte exclusivement au contenu du produit et non au produit lui-même. Les machines, par exemple, s’interposent entre le travail et les matières premières. Elles deviennent la cause indirecte de la production des marchandises, la cause première étant le travail vivant. Rappelons que seul le travail humain est producteur car seul l’homme est doué de conception abstraite de la forme-utilité de tout bien à produire. Le capital (fixe) n’est donc pas productif. Par opposition et symétrie au cas du capital fixe, le capital circulant – input – ne participe qu’indirectement au processus de production.

En effet, celui-ci se limite à réapparaître sous une autre forme dans le produit à écouler sur le marché ; il subit l’acte de production. Son rôle – d’input – est éminemment passif. Le capital circulant n’étant pas un moyen mais un objet de travail, il ne fait que traverser le processus de production pour se retrouver dans la circulation, son écoulement s’opérant par l’intermédiaire du produit fini.

Notons que chez MARX, le capital circulant ne représente qu’une partie du capital constant qui, dans sa globalité (plurielle), comprend aussi le capital fixe. Les stocks représentent donc le capital constant circulant. Le capital variable fait référence alors au travail humain et est mesuré par les salaires versés aux travailleurs.

Il conviendrait donc d’aborder aussi la question de la contribution plurielle à l’acte de production : travail et capital… s’opposant à la mesure unique de la totalité du produit de chaque période par les salaires versés en rémunérations, excluant les profits… à moins de démontrer qu’il est possible de les définir comme une catégorie « gigogne » des salaires… Voilà qui supposerait une imagination analytique féconde : plurielle ?

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