EDUCATION / L’ENFANT ET LES COULEURS par Frédérique VACHERET

« La pratique des arts plastiques à l’école maternelle peut être perçue comme une sorte de jeu mais ce n’est en aucun cas un amusement. C’est gratuit parce que cela n’a pas d’utilité, mais c’est mobilisateur et cela fatigue : il s’est passé quelque chose d’important et de l’énergie y a été consacrée« 

(Pierre DUFAYET).

Le jeune enfant éprouve un plaisir à manipuler la couleur sous toutes ses formes. L’enseignement des arts plastiques à l’école maternelle, domaine éducatif privilégié, a un double but : faire découvrir à l’enfant l’univers de la couleur et l’apprécier, mais également utiliser les supports les plus divers.

 

LES TEXTES OFFICIELS

 

« La pratique des arts plastiques à l’école maternelle se fonde sur le désir qu’a l’enfant de regarder et de toucher, de faire et de réaliser. L’enfant a un grand pouvoir d’imagination et d’invention. Il convient de le mettre dans les meilleurs conditions pour exercer sa conduite créative » (Programme de l’école maternelle). Ainsi la pratique des arts plastiques en cycle I et les activités proposées par la maîtresse ont pour visée de permettre à l’enfant de développer ses capacités motrices, affectives, relationnelles et intellectuelles. A travers l’observation de peintures, d’œuvres d’art, l’enfant apprend à exprimer, à communiquer ses sentiments, ses impressions, ses émotions voire à porter un jugement.

L’enfant de deux-trois ans placé en situation de manipuler, de faire, apprécie les couleurs et les différents outils. Pour s’approprier des représentations – auxquelles il pourra par la suite se référer – l’enfant sera amener à découvrir l’exploration visuelle et tactile de formes, d’objets, de matières, de couleurs.

 

L’ACTIVITÉ GRAPHIQUE

 

L’activité graphique permet à l’enfant de donner libre cours à sa motricité. Au départ, le résultat de l’action de l’élève est perçue comme une simple trace laissée par le corps ou la main. Ces différentes traces laissées par la main de l’enfant sont souvent le résultat d’un mouvement répétitif pour les enfants de deux ans et demi. Se met ainsi en place une attitude où la main et parfois le regard auront leur importance. L’enfant de deux à trois ans ne peut accéder à l’attitude esthétisante, c’est-à-dire l’attitude par laquelle on regarde un objet pour son seul aspect en dehors de toute fonction. Cependant cette attitude est la seule sur laquelle on puisse s’appuyer pour atteindre l’authenticité profonde d’un vécu intime de l’enfant. Le choix des couleurs n’est pas inopportun, il traduit un choix subtil. A travers le dessin, le « gribouillage », l’enfant décrit la réalité, sa perception du monde, de l’environnement qui l’entoure, ses émotions et ses sentiments. Il apprend à transcrire ses sensations par le dessin.

L’attente de l’école maternelle en ce qui concerne l’attitude créatrice des enfants de deux-trois ans est de produire des traces, des empreintes. Le plus souvent, les enfants qui étalent de la couleur sur une feuille de papier à l’aide d’outils, de leurs mains ou encore de leurs doigts, le font de manière exclusivement motrice. On peut observer « chez les petits » des enfants qui répandent de la couleur de manière répétitive, en réalisant toujours le même mouvement, les mêmes circonvolutions, tout en étant ailleurs, songeurs.

« Chacun doit développer sa propre créativité, entendue comme faculté universelle de l’homme, l’art étant considéré aujourd’hui comme expérience personnelle… Il reste à l’école de fournir les moyens d’un apprentissage permettant d’expérimenter, de faire une série d’essais et d’erreurs, de procéder à des confrontations, à des mises en retrait. La conduite créatrice ne s’apprend qu’au contact des autres et de l’altérité » (D. LAGOUTTE, in L’enfant et l’école maternelle : les enjeux, G.Py, A. Colin).

 

L’EXISTENCE DE L’ŒUVRE DE L’ENFANT

 

L' »œuvre » de l’enfant aura un intérêt pour lui uniquement à partir du moment ou la maîtresse posera ses yeux dessus. En dehors du regard de la maîtresse, ce que l’enfant a fait ne vaut rien. L’enfant a besoin de se sentir conforté dans le bien-fondé de sa personne. La maîtresse a donc ainsi le pouvoir de rendre la réalisation de l’enfant intéressante, existante. Comme par magie, d’un seul coup de baguette, d’un seul coup d’œil de l’adulte, ce qui n’avait aucune existence, existe. Le jugement de l’adulte est très important aux yeux de l’enfant, en même temps que l’adulte s’intéresse, l’enfant s’intéresse également à sa production, il la perçoit autrement. L’enfant retient les compliments, les félicitations émanant de l’adulte. L’enfant se sent ainsi cause de l’objet et le véritable destinataire des flatteries, appréciations valorisantes. L’analyse du résultat produit n’est pas du ressort de l’enfant. Il n’y a pas de projet, de destinataire au départ, pas de jugement esthétique, l’enfant le fait uniquement parce qu’il y a été convié et aussi parce que… patouiller dans la couleur procure à l’enfant un certain plaisir tactile !

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