EDITORIAL / DE LA STABILITE DE L’EQUILIBRE ? par Olivier BRIFFAUT

« Les gestes de l’équilibriste doivent sembler absurdes à ceux qui ne savent pas qu’il marche sur le vide et sur la mort » (Jean COCTEAU, Tableau de la littérature française, « Rousseau », Gallimard).

La vie n’est que recherche d’équilibre, entre positif et négatif : entre bien et mal, entre droits et devoirs (citoyens), entre utilité et désutilité (comme aiment à le clamer les micro-économistes ; les macroéconomistes montrent plutôt qu’il existe, par définition, un équilibre global), entre liberté individuelle et respect de l’autre, entre euphorie et dépression, entre passé (à assumer) et avenir (à construire)… Mais il est inévitablement question corolairement de la pérennité de l’équilibre atteint. Car tout choix, issu d’une réflexion à laquelle fut consacré plus ou moins de temps à peser le pour et le contre, reste soumis au doute quant à la persistance de l’équilibre : au-delà de la question de l’équilibre, s’impose celle de sa stabilité.

Anne BERTONI pourfend ainsi l’uniformisation de la spiritualité, qu’illustre parfaitement le cas du personnage de la sorcière, et qui révèle un certain besoin social moderne de stabilité, allant de pair avec celle de (l’identité de) l’être humain : « Où peut être l’équilibre si l’on ignore sa propre identité ?« …

C’est un point de vue…

Et Renaud BUSENHARDT de montrer de son côté, au sein de son analyse historique, que l’équilibre peut être même source d’instabilité (en rappelant notamment comment la polarisation européenne issue d’un processus d’équilibrage des forces a entraîné le monde, au début de ce siècle, dans une guerre elle-même équilibrée mais instable…).

Valérie PERREAU nous invite, elle, à réfléchir sur la notion de « folie », en démontrant que celle-ci est non seulement contextualisée (dans l’espace et le temps), ce que révèle l’ethnopsychiatrie, mais aussi conséquemment que tout équilibre est instable, le déséquilibre étant présent en chacun de nous, ce dont témoigne finalement l’acte d’écrire.

Aurélio SAVINI nous rappelle la présence incontournable d’un mouvement cinématographique « hors équilibre » mais stabilisé car bien délimité, en proposant à notre lecture trois ouvrages consacrés à la Nouvelle Vague.

Et que demander de mieux, pour saluer 1999, nouvelle année européenne, que de tremper ses neurones – à défaut de ses lèvres – dans un vin aux tanins équilibrés ?

Poster un commentaire

Classé dans UNE QUESTION D'EQUILIBRE ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s